2007 - Travelogue Syrie

Profitez de cet article et des photos de l'album pour apprécier ce beau pays actuellement ravagé par une guerre effroyable.

Voyage de 2 semaines en Syrie du 11/10 au 25/10/2007

Ayant déjà visité l'Égypte, la Jordanie, Israël (il y a longtemps), Istanbul, il nous a paru judicieux de compléter la visite du Moyen-Orient par celle de la Syrie, pays qui a accueilli des peuples qui sont à l'origine des civilisations occidentales.

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En guise d'introduction et de résumé:

Organisation du voyage
Sécurité en Syrie
Conduire en Syrie
Tourisme en Syrie
Conclusion

Organisation du voyage
Nous avons confié l'organisation de ce voyage à une agence du quartier latin avec qui nous étions déjà allés en Jordanie. Nous lui avons soumis un projet de circuit qu'elle a finalisé.
Le choix s'est finalement porté sur un circuit avec réservation d'hôtels et repas du soir. Pour les déplacements, il m'avait semblé difficile de circuler sans connaître l'arabe : donc voiture avec chauffeur.
L'agence se charge de l'obtention du visa: source de problème au départ de Paris.

L'organisation sur place a été confiée à une agence locale qui s'est occupée de choisir notre chauffeur, très compétent, ponctuel, francophone, qui a su garder ses distances tout en nous aidant efficacement dans toutes les démarches auprès des hôtels et autres formalités à l'aéroport.

Le change est de : 69,20LS environ pour 1€
Nous n'avons changé qu'une fois dans une agence de la Commercial Bank of Syria d'Alep pour 20€. Je leur ai demandé de me changer mon billet de 20€ pour 2 de 10; mais m'ont répondu qu'ils n'avaient que mon billet comme euros.....
J'ai essayé de changer encore 20€ dans notre hôtel du Krak, où il m'a été proposé un change à 60LS, que j'ai refusé.
Il faut prévoir 200LS par personne de taxes d'aéroport à Damas pour le retour. Ne pas dépenser toutes ses livres donc; il y a un duty free achalandé à l'aéroport, mais qui n'accepte pas les livres. Les quelques livres non dépensées, non convertibles, ont terminé dans la poche de notre chauffeur.

Sécurité
Aucune impression d'insécurité dans tout le pays, la police fait la circulation en ville, elle est moins visible qu'en Égypte, où là au contraire, il faut se montrer pour rassurer la foule des touristes. On sent néanmoins qu'une police locale veille, que l'entrée des villes est surveillée.
Il faut montrer son passeport à l'arrivée dans chaque hôtel.
Seulement 2 checkpoints : un pour traverser le barrage du lac Assad et un autre sur la route Yabroud - Maaloula, proche de la frontière libanaise.
La présence de l'armée n'est visible que par ses installations fixes, terrains d'aviation avec alvéoles pour les chasseurs, camps d'entraînement. Aucun mouvement de troupes, ni d'avions dans le ciel.
La population est très calme, parfois curieuse de voir des touristes (à Hama, par exemple), sans aucune agressivité, même commerciale dans les souks. Rien à voir avec le harcèlement que l'on subit à Marrakech ou au Caire. Il n'y a pas ici les ravages du tourisme de masse.
Pas de problème d'hygiène non plus, j'ai mangé des salades, les légumes sont toujours très frais et aucun de nous deux n'a été incommodé durant tout le séjour.
Évidemment, comme dans tous les pays désertiques, beaucoup de poussière et de pollution à Damas, irritant la gorge. Les poubelles bien que présentes partout sont peu utilisées, ce qui fait ressembler certains quartiers à des déchetteries.

Conduire
On est un peu surpris par la conduite en Syrie, les routes sont goudronnées avec un état de surface qui fait ressortir la dureté des suspensions des voitures made in Japan. Généralement à 2 voies, hors autoroutes (Damas-aéroport, Alep-Damas), une 3ème voie s'organise rapidement. Bien que ne respectant pas complètement le code de la route français: on peut prendre un rond-point dans n'importe quel sens, rouler à contre-sens sur la voie de droite ou de gauche sur l'autoroute, sans feux de signalisation la nuit, les conducteurs syriens respectent un code de la route syrien qui finalement ne marche pas trop mal.
Probablement à cause du peu de trafic, hors grandes villes, la circulation est très fluide et n'avons pas vu d'accrochage et un seul accident entre un camion et un van à Rastan sur l'autoroute Damas-Homs.
Ça roule très vite, au dessus des limites de vitesse autorisées (comme en France, quoi!) et le nombre d'animaux écrasés est considérable, chiens en majorité mais aussi, mouton, âne, renard.
Il faut cohabiter avec toutes sortes de camions, et à la campagne avec le véhicule du bédouin - la 125cc Honda chargée de transporter femme et enfants - les troupeaux, tracteurs, enfants qui traversent sans faire attention et autres au comportement imprévisible.
Si les taxis jaunes sont majoritaires en ville, il y a quelques voitures particulières, les Mercédès étant pour les officiels, ce sont plutôt des petits modèles, Peugeots de tous ages. On voit aussi quelques antiquités comme de vieilles américaines.

Un bonne raison supplémentaire pour ne pas conduire soi-même, j'ose à peine imaginer où un constat amiable pourrait nous emmener!

Tourisme
Le tourisme n'est pas encore une industrie en Syrie. L'infrastructure hôtelière est faible et le nombre de touristes aussi. A part Damas et Alep, nous avons souvent été seuls sur les sites et même à Palmyre, nous n'avons pas été gênés par la fréquentation essentiellement locale. Peu de groupes.
C'est une activité saisonnière dépendant de la conjoncture politique. Et elle n'est pas bonne en ce moment.

Les restaurants sont comme les hôtels peu fréquentés et la nourriture, bonne et toujours parfumée, est peu variée : mezze, viande/poisson frites, fruit.
Pour boisson, la bouteille de 1,5l capsulée est de rigueur, facturée de 50 à 100LS, bien moins chez le marchand du coin.
Les petits déjeuners ne sont pas au standard international, majoritairement local, mais les olives et mezze à 7h du matin ça passe mal! Le petit déjeuner continental est bien servi mais peu varié. En outre, au lieu de servir le café ou le thé local, qui regorgent dans les souks, ne sont servis que du Nescafé en poudre ou des sachets de Lipton. Soit disant à la demande des touristes. En tout cas pas à la nôtre...

La plupart des autres touristes que nous avons rencontrés ont choisi comme nous la voiture avec chauffeur. Il faut dire qu'en dehors des grandes villes où les directions sont indiquées en anglais, c'est l'arabe qui est la règle. Autant dire qu'il est trés difficile de rejoindre un site, par soi-même, dans ces conditions. Et quand on demande un renseignement, vous n'êtes pas compris, vous ne comprenez pas la réponse et le renseignement que vous devinez est le plus souvent faux.

Il est interdit dans tous les musées de faire des photos à l'intérieur. Ce n'est pas pour nous faire acheter une documentation en contre-partie, il n'y en a généralement pas! ou alors pas en anglais, ni français, peut-être en espagnol, allemand ou russe.
Comme il y a peu de visiteurs, les gardiens vous collent à la culotte. Cependant, ils ne peuvent être partout à la fois, n'est-ce-pas, et avec le numérique pas besoin de flash.
Le personnel des hôtels ne parle que l'arabe hormis une personne qui arrive à se faire comprendre en anglais, peu en français. Malgré tout, nous avons été surpris de rencontrer de nombreuses personnes à Damas et Alep parlant français et pas seulement des vieux.

Enfin, un mois d'octobre avec des journées toujours au dessus des 30°C, ça vous change de la région parisienne. La chaleur est sèche donc supportable, sauf sur la côte méditerranéenne où l'humidité est assez forte. Le pire a été sur le site d'Apamée, visité en début d'après-midi.

Conclusion
La Syrie est un pays agricole, des oliviers et encore des oliviers, peu industrialisé.
La population semble en bonne santé, mange à sa faim, mais tout ce qui est importé est pour eux hors de prix.
Le pays est intéressant à condition de ne pas vouloir passer son temps à la plage, mais les monuments n'ont pas l'attrait de ceux d'Égypte ou de Petra en Jordanie. Palmyre est sans conteste le site le plus spectaculaire. Néanmoins, on y voit des monuments étonnants et très beaux de la période byzantine (5ème siècle après JC) et les musées sont très intéressants aussi.

Pour les touristes qui ne comptent pas leur temps, pas de problème avec la période du ramadan, pour les autres, je déconseille fortement, les horaires étant alors tout sauf prévisible.

Malgré l'unité républicaine de façade - les seuls éléments sur la vie politique n'étaient que du niveau du Café du Commerce "Le président, il est de bonne volonté, mais ses ministres sont des voleurs" - et si les différentes communautés semblent cohabiter sans difficulté, on sent dans les conversations, une méfiance réciproque.
Israël est un sujet tabou et présenté comme l'ennemi irréductible.

La France n'a pas laissé que des bons souvenirs en Syrie, mais l'accueil est cordial et il n'y a pas de raison de craindre une visite.
Donc, à voir pendant que c'est encore possible, nul ne sait quelle folie va encore commettre l'oncle Sam dans cette région.